D'un côté, des clignotants au rouge : réchauffement climatique, flambée des cours du pétrole et des céréales, déforestation, problèmes d'eau, pollutions chimiques et génétiques (OGM), déchets nucléaires... Les émeutes de la faim réapparaissent : beaucoup manquent du nécessaire alors que d'autres gaspillent de manière effrontée.
Bref, la Terre va mal, "la maison brûle".
D'un autre côté, un cri de ralliement : la croissance ! Il faut "libérer la croissance" pour résoudre le chômage, remplir les caisses de l'état, régler les problèmes d'injustice… Faire grossir indéfiniment le gâteau pour ne pas avoir à mieux le partager.
Seulement, la croissance
économique, c'est plus de production pour plus de consommation. C'est toujours plus
de pression sur la Terre qui déjà n'en peut plus : quand la maison brûle, on réclame toujours plus
d'huile à jeter sur le feu.
Et la croissance, c'est aussi le naufrage des plus
fragiles, incapables de poursuivre la course organisée par la mondialisation
libérale.
Oui, bien sûr, j'exagère ! Parmi ceux qui se réclament du développement durable, certains sont sincères, déterminés et efficaces pour faire avancer sérieusement dans le bon sens. Mais aussi, combien d'hypocrites opportunistes, seulement préoccupés de surfer sur la vague ? Et quelle confusion dans les esprits, quand on laisse entendre qu'une couche de peinture verte, avec quelques "petits gestes", suffiront à rendre durable notre mode de vie !
L'unanimité est totale en faveur du développement durable, de Sarkozy à Voynet, du WWF à Total, de Hulot à Leclerc et à EDF, N'est-ce pas suspect ? Comment s'y retrouver dans cette auberge espagnole, où personne ne met le même contenu sur la même expression ?
Aussi, quelques affreux refusent de croire à la fable à la mode. Pour eux, face à la
surexploitation suicidaire de la planète, face aux injustices criantes, une
décroissance s'impose. Ou plutôt une double décroissance :
o
pour les plus riches, décroissance de
l'empreinte écologique (pression que nous faisons subir à la Terre), remise en cause de la soif du "toujours plus", marche vers la sobriété.
o décroissance des injustices au niveau national et au niveau mondial.
